FelixCrédit photo : Fellix

Nils Frahm, The Brian Jonestown Massacre, Ariel Pink, Ellen Allien, The Lemon Twigs… Encore une belle prog cette année et des festivaliers toujours au rendez-vous avec plus de 20000 personnes durant 4 jours de festivité pop, rock et electro. Retour sur nos temps forts de la 28e édition du festival de Saint Malo.


Shame
Un premier album acclamé et un live complètement surchauffé font de Shame l’un des groupes anglais les plus excitants du moment. Leur set frénétique galvanise la foule à coups de chants braillés et guitares enragées. Les mecs ne tiennent pas en place, enchaînent les morceaux, pas de temps mort, et scandent Shame Shame Shame repris en chœur par le public. Un tourbillon.

The Brian Jonestown Massacre
Si leur réputation de « saboter leur concert » existe, ce vendredi soir, le groupe culte aux 19 albums et 17 ans de carrière, nous plonge dans une messe psyché, dont les morceaux choisis au tempo plus lent (parfois joués jusqu’à 10 musiciens) sont magnifiés par la guitare et la voix caustique d’Antow Newcombe. Forcément, c’est enivrant !

Follakzoid
Derniers à clôturer la première soirée du festival au Fort de Saint-Père, les chiliens de Follakzoid nous ont distillé au fil de morceaux étirés, synthés puissants, effets de guitare et batterie résonnante. Un set hypnotique, sombre et cosmique, entre kraut et trance. Définitivement, un groupe venu d’ailleurs.
Notre interview du groupe très prochainement sur notre site.

 

Follakzoid par Nicolas JoubardCrédit photo : Nicolas Joubard

Marc Melià
Chez tout claviériste qui se respecte, on a tous un fantasme: posséder un Prophet 8. Ce synthé analogique, c’est l’instrument de prédilection de Marc Melia qui en a fait un album “Music for Prophet”. On était à la plage de Bon Secours pour apprécier ces compositions lunaires et cinématographiques qui face à la mer se sont si bien apprêtées. Le mouvement de l’eau qui ruisselle, les sauts du plongeoir de la piscine, le bruit des vagues. L’accord parfait. Pas de doute, on comprend maintenant pourquoi Flavien Berger l’a choisi pour rejoindre son label Les Disques du Festival Permanent fondé avec Gaspar Claus. Ce Flavien Berger dont nous sommes tombés amoureux en 2015 sur cette même plage. On espère revoir Marc Melià très vite ailleurs encore et lui souhaite une aussi belle ascension que celui qui l’a découvert.

Jonathan Bree
Venu remplacer John Maus à la suite de l’annulation de son concert, l’artiste dandy moulé sous une combinaison lui recouvrant l’intégralité du corps et du visage interpelle par sa singularité. Un univers atypique, sur lequel le crooner néo-zélandais est venu interpréter ses morceaux electro-synth pop de son 3e album.

Nils Frahm
Nils Frahm est un de ces artistes dont certains ne comprendront jamais la musique, tandis que d’autres s’en laissent complètement submerger. Pour notre part, c’est la submersion totale. La fascination toujours devant cette horde de claviers en tout genre puis l’attention à chaque toucher de clavier. Entre improvisation et interprétation quasi mathématique, Nils Frahm explore la rythmique, l’organique et le synthétique à travers ses influences classiques et électroniques. Le perfectionniste qu’il est nous a encore conquis. Que ce soit à travers ses dernières compositions qu’avec son titre phare “Says”, la sensibilité et la recherche sont omniprésents.

Ellen Allien
Quand le tour passe à la légendaire productrice et DJ berlinoise, fondatrice du label Bpitch Control, l’atmosphère « psyché-trope » de BJM laisse place à une techno minimale ardente, aussi bien dansante qu’abstraite, échauffée par un kick lourd et étouffé. Si un problème technique vite résolu se mêle au set, la foule reste hypnotisée par ses tracks puissants, bougeant telle une nuit en club à ciel ouvert.

Ellen Allien par Nicolas JoubardCrédit photo : Nicolas Joubard

The Lemon Twigs
Ces deux frangins à la gueule so British et pourtant nés à Long Island aux Etats Unis ont baigné dans la musique depuis leur plus jeune âge. Ces gamins surdoués ont tellement à nous apprendre de la pop des 60’s et 70’s que s’en est presque énervant. On ne peut s’empêcher d’entendre au loin The Beatles à travers des titres comme “As Long as We’re Together” ou encore le tube “I Wanna Prove to You”, un des titres les plus fascinants du groupe par ces variantes.

The Black Madonna
Faire danser généreusement le public de la Route du Rock, c’est loin d’être simple. Lui faire écouter de la musique électronique aussi. Alors quand la Reine The Black Madonna prend place aux platines après Jungle (et la plus grande chenille du monde bien évidemment), c’est d’abord un peu laborieux mais finalement le public se laisse faire et finit par se prendre au jeu de la sélection house et disco de la prêtresse. On garde un souvenir fort de ce final sur “Don’t leave me this way” par Harold Melvin & The Blue Notes, et nos pieds aussi. Une très belle façon de clôturer cette édition 2018. Des paillettes plein les yeux et le coeur.

The Black Madonna par Nicolas JoubardCrédit photo : Nicolas Joubard

Ecrit par Laura et Maeva.