Ça va faire bientôt 10 ans qu’on arpente les rues de Rennes chaque mois de décembre pour satisfaire notre soif de claques, de découvertes musicales en tout genre dans les deux festivals qui animent la capitale de La Bretagne : les Trans Musicales et les Bars En Trans .… On y va d’ailleurs presque les yeux fermés sans trop prévoir notre programme. On arrive cette année le jeudi après-midi à l’étage du Liberté qui propose chaque après-midi, des groupes français en développement et on se laisse tout de suite surprendre par l’énergie débordante de Fabulous Sheep.

On fait un tour au Bars en Trans ensuite pour l’apéro avec la soirée du tourneur A Gauche De La Lune qui faisait jouer notamment Floyd Shakim qu’on a interviewé pour notre émission de radio ou encore Maestro qu’on ne vous présente plus ici… on les a fait jouer pour nos 10 ans et on les a déjà interviewé également.

Maestro avait un invité de dernière minute ce soir-là c’est Topper Harley qui n’a de cesse de faire le buzz partout il passe, il a débroussaillé ici l’ambiance à base de “déhanchés gargantuesques” dont lui seul a le secret. L’ambiance est électrique pour une heure aussi un peu avancé et Mark Kerr, le chanteur de Maestro finira même par terre pour démontrer encore une fois qu’il a tout donné pour habiter sa musique. Le niveau était également haut au Penny Lane avec la prestation de MNNQNS, (prononcer Mannequins). Ces normands savent faire vivre leur rock fiévreux comme on sait très peu le faire en France. La tension est là et on se demande comment les Trans Musicales pourront faire mieux ce soir.

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Modestamente jouait au parc expo, jeudi soir, c’était leur premier concert et sur le papier, il y a tout pour nous attirer: l’ancien leader de Tahiti Boy avec l’imposant chanteur de Tv On The Radio. L’image n’est pas banale et si la différence entre les deux voix peut dérouter, les musiciens font leur maximum pour faire “groover” l’ensemble. L’intervention surprise du rappeur américain Mike Ladd viendra mettre un peu de piment à la mixture.

 

C’est une bonne entrée en matière pour la house décomplexée de Kiddy Smile, roi du voguing français qui a mis les petits plats dans les grands avec une imposante bouche en fond de scène et des danseurs “au premier plan” multipliant les performances extravagantes.IMG_0434.JPG

La première journée tient ses promesses et la deuxième démarre plus calmement avec Grindi Manberg au Bars en trans. Ces rémois propose une pop complexe et parfaitement envoûtante. On les avait déjà rencontrés il y a déjà plus de 3 ans sur un festival et leur musique excite toujours nos oreilles. Ils ont vraiment “tout” pour conquérir un public plus large mais malheureusement pour eux, aujourd’hui il vaut mieux chanter dans la langue de molière en France pour avoir un peu d’attention. Au parc expo pour Les Trans Musicales, on trainera principalement au hall 4, celui de la Green Room qui offre la meilleure acoustique pour écouter de la musique électronique et la première claque s’appelle Sabrina et Samatha, le duo monté par Julien Briffaz, moitié de Bot’Ox avec Cosmo Vitelli et Laurent Bardainne, cofondateur notamment de Poni Hoax. On connaissait leur morceau “Kheops”, un titre électro teinté de sonorités orientales. En live le duo va plus loin dans les musiques électronique avec un son taillé pour le dancefloor … Si Julien Briffaz a la tête dans son ordinateur, Laurent esquisse quelques mouvements de mains sur son synthé pour faire exister leur musique mais le point d’orgue du show reste avant tout le moment ou il prendra son saxophone pour faire frémir les derniers réticents. Pas de fausses notes non plus avec Théo Muller du collectif Midi Deux. Le dj est ici comme à la maison, une sélection de galettes pour transpirer… ça sera “dance or die” pendant tout son set.

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Les musiques électroniques étaient encore à l’honneur et même au Bars en Trans, Samedi, avec un passage notamment par le chantier pour voir Monolithe Noir, remplacer dignement Appolo Noir. Et vous savez quoi il jouait dans l’obscurité ! Plus tôt dans la soirée à l’étage Azur faisait office de meilleur "warm up" pour le parc expo avec son électro monté de lourdes basses et tropicales. Le lillois a joué sans concession à 19h30 et si ça pouvait en dérouter quelques uns, un petit groupe dans le public a su mettre une “once” d’ambiance.

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Avant de prendre les fameuses navettes de l’ambiance pour rejoindre le par , on fait un tour au concert de A La Clair Ensemble au 1988 live Club pour les Bars En Trans. il faut le dire, on ne sort pas indemne d’un show de ces québécois “hors-norme” et terriblement attachant. A La Clair Ensemble colle une bonne petite claque à la scène hip hop qui regarde plus son vocoder et son nombril que le public.

Au parc expo, pour Les Trans Musicales on arrivera ce soir là par le hall 9 pour voir Washed Out. Le hall 9 est la plus grande salle des Trans Musicales et certainement celle qui a aussi le plus haut plafond, du coup, beaucoup de réverbération, pas toujours idéal pour aller écouter un groupe pop mais là pour Washed Out c’était parfait ! Le chant est un peu en retrait et déjà noyé déjà dans la reverb. Ce groupe phare de la chill wave y a délivré certainement le show esthétiquement le plus beau de cette soirée et on ne dit pas ça parce qu’on ne voit que les silhouettes des musiciens sur scène. L’écran vidéo derrière eux prend le dessus, pour nous plonger dans un dédales d’images en tout genre… Quelques images psychédéliques mais surtout beaucoup d’objets divers et des couleurs chaudes pour nous réchauffer dans ce grand hall. (voir première photo en haut de l'article) Seul bémol quand il n’y a qu’une couleur à l’écran, on a l’impression de se retrouver dans une pub Apple. On peut citer beaucoup de bons groupes ce soir là, Viagra Boys, Snapped Ankles ou encore Tshegue. c’est certain le show de Voiron qui nous aura le plus interpellé, le parigot y joue essentiellement de la techno sorti des hangars des rave des années 90, il a ramené ici de gigantesque figures en toile s’agitant en fonction de sa musique, on n’est pas dans la démesure de Feder, la veille qui envoyait des jets de flammes et des confettis pour n’importe quoi mais 24h plus tard Voiron joue sa propre version de l’apocalypse. Pour son dernier track, ils envoient des images de films d’horreur, des images sur le burn out et la cocaïne sur un écran en fond de scène…

On est prévenus, ça sent la fin des 39e Trans Musicales et sans les Trans Musicales, c’est l’apocalypse ! On se demande bien déjà comment va ressembler la 40e édition l’année prochaine !