De retour dans l’Aveyron pour ce festival nommé d’après le fameux tube de Blondie et dont la programmation est à la quintessence de l’Indie, c’était forts inquiets pour la météo mais pas abattus pour autant que l’équipe de Novorama a pris la route pour 6h de trajet depuis Paname. On se demandait vraiment ce que cette dernière édition, comme les organisateurs nous l’annonçait, pouvait nous réserver après une édition 2016 dont tous les voyants étaient au vert, entre la programmation variée et pointue, la météo aux couleurs de l’été indien et le cadre Idyllique. Car on ne va pas s’en cacher, c’est beaucoup ce concept de festival à la fois familial et underground qui faisait le sel de cette prolongation des vacances d’été.

Le ticket d’entrée s’acquittait en réservant une place dans un bungalow, avec ses amis ou en laissant jouer le hasard si l’on n’était pas assez nombreux au sein des “Bungalove”, une idée inspirée de l’ATP festival en Angleterre, la curation par des légendes de l’Indie en moins, mais une idée risquée lorsqu’on connaît le destin funeste de l’événement et de son créateur, embourbée dans des dettes qui l’ont fait passer du statut de génie événementiel à celui de Bernard Madoff de l’organisation de festival. ponihoax.jpg
Et comme son modèle anglais il semblerait que c’est le manque de financements, un lieu peut-être trop retiré et éloigné des grandes métropoles, ainsi qu’une identité peut-être trop portée sur les niches (peut-on vraiment les blâmer pour cela cependant) qui ont eu raison du “Hog Hog festival”, comme les fidèles festivaliers se sont très vite plu à l’appeler.
Reste que nombreux sont nos amis (en comptant ceux que nous nous sommes fait sur place car l’intimité et la convivialité y étaient reines) qui gardent de fantastiques souvenirs de lives, de farniente, de barbecue, de glissades dans les toboggans de la piscine et de balades au bord du lac attenant. Merci alors aux organisateurs pour leur implication, leur sacrifice financier et humain, leur passion et goût, ainsi que leur ouverture puisqu’ils nous ont même invités à mixer au débotté au bord de la piscine deux années consécutives pour nous aussi partager notre amour pour la musique avec leurs festivaliers. Et on se prend à rêver d’une renaissance phoenix de cet événement qui aura marqué ce milieu de décennie…

Pour l’édition 2017, nous retiendrons les concerts de Société Etrange et les expérimentations probantes d’un trio basse batterie machines habité et virtuose, le punk authentique et convainquant des BBoys (photo ci-dessous)bboys.jpgla réussite classieuse du mariage entre francophonie et Indie-rock pour Petit Fantôme, l’électro-pop désabusée (blasée?) des Agar Agar, les mixs sombres et dansants de la turque Zozo et du parisien Zaltan, l’un des derniers concerts de Poni Hoax sans que nous le sachions et si la rumeur de séparation dit vrai, la bonne humeur un peu téléphonée mais terriblement contagieuse des islandais d’FM Belfast (ci-dessous), fmbelfast.jpgL'orfèvrerie électronique parfois un peu désuette et “Nature et découverte” des Pilotwings mais pour autant vraiment convainquante, la fièvre électro-Krautrock des finlandais de K-X-P, l’after sauvage du bungalow 45 et la cerise sur le gateau du dimanche midi avec une messe à guitares et batterie virtuoses de Yonatan Gat, ancien membre de Monotonix.