Mac-Demarco-©Nicolas-Joubard-136A3890.jpg

Route du rock heureuse, route du rock pluvieuse ? … comment vous dire si l’un est vrai, la deuxième a bel et bien annulé sa prestation à cette 27ème édition de la Route du rock … C’était d’ailleurs la seule annulation cette année …Arrêtons de jouer avec les clichés mais si le festival malouin jouie d’une belle réputation chez tous les aficionados du rock indé … Il a dû pâtir ces dernières années des caprices de la météo ou des annulations embarrassantes surtout quand il s’agit d’une tête d’affiche comme Bjork ou pire même quand un groupe “tête d’affiche” demande beaucoup d’argent pour jouer par rapport au monde qu’il peut ramener (cf. The Smashing Pumpkins en 2007).

La Route Du Rock n’est pas vraiment un festival comme les autres, pas assez gros pour aligner des gros noms sur 3 jours et pas assez petit pour proposer une affiche gorgée uniquement de découvertes. En 2016, le festival malouin n’a pas réussi à mobiliser assez de monde pour être rentable et éponger les dettes. Résultat : La Route Du Rock a changé son équation cette année.

Premièrement, le festival a décalé sa nouvelle édition d’une semaine et au lieu de faire pratiquer l’austérité, La route du rock a joué la relance ! Il faut dire qu’en près de 30 ans, elle en a fait jouer des groupes, pas souvent connu à leurs débuts. Placebo en 1997 ou Muse en 2001 par exemple ont joué avant d’être connu du grand public et si ces 2 derniers n’ont plus vraiment leur place aujourd’hui à la Route Du rock, d’autres groupes qui ont déjà joué comme PJ Harvey, Interpol ou DJ Shadow ont été appelés cette année pour garder les fans de la première heure de la Route Du Rock. Et ça a plutôt fonctionné, l’affiche de cette année a attiré 36000 spectateurs sur 4 jours.

Dans la catégorie des réjouissances, il fallait compter dès le premier jour au fort de Saint-Père sur Idles. Bristol peut compter un autre bon groupe dans sa cité … Ils ne font pas du tout du trip-hop mais plutôt du sale comme pourrait dire Lorenzo. Des guitares pas vraiment lisses, plutôt cabossés par un chanteur qui ne tient pas droit plus de 2 secondes devant son micro. L’énergie de ce groupe punk est une sacrée calotte pour décoincer les hésitants du dernier rangs.

Idles-©Nicolas-Joubard-136A2595.jpg La Route du Rock nous avait prévenu c’était l’une des plus belles découvertes de 2017. On confirme ! Et même Thee Oh Sees qui jouait après eux sur la scène en face d'eux a pris un petit coup de vieux même si leur set tient toujours autant la route. Ce même soir, Helena Hauff dans un registre bien différent,  puisqu’elle joue que des vinyles techno réussira elle aussi à catalyser le public qui n’avait pourtant entendu que des guitares toute la soirée.

Samedi, on a le droit au kraut de Cold Pumas pour commencer cette soirée au Fort de Saint de Père … Un peu trop tôt pour rentrer totalement dans le set même si déjà le public hoche bien de la tête, on comprend très vite que cette deuxième soirée va être chaude au sens figuré hein parce que le soir au fort,  le thermomètre peut descendre facilement sous les 15°. Mais si on a moins accroché sur les black Lips ou the Jesus Mary chain qui font les représentants du rock à papa ce samedi soir c’est clairement Future Islands, les chauffeurs d'ambiance avec leur chanteur J. Gerrit Welmers véritable showman complètement possédé.

Future-Islands-©Nicolas-Joubard-136A3562.jpgSoulwax fera monter encore la pression d’un cran, le groupe emmené par les 2 frères Dewaelee viennent encore confirmer sur scène que la musique électronique peut s’entourer sur scène de 3 batteurs. Après leur excellent nouvel album que nous avons chroniqué ici, Soulwax a un set hors norme. Il bouscule les rythmes, passant d’une ambiance plus sombre à des remontées plus festives. Si certains peuvent être encore perturbés par leur nouveau live, on apprécie encore une fois de plus l’inventivité de ce groupe belge !

Soulwax-©Nicolas-Joubard-IR3A9259.jpg

Comme tous les autres jours du festival, on avait également rendez-vous à la plage bon Secours rebaptisé ici Plage Arte, on retiendra l’étonnant perchoir du dj barbu Prieur de la Marne, dominant comme un maître nageur avec ses platines ou encore Le Comte, assis directement sur les planches de la scène pour nous livrer un set introspectif. idéal quand tu as pris cher la veille ! On a été pris aussi par l'humour et les guitares enivrantes de Petit Fantôme qui entre 2 confidences sur le passée d’élève moyen du chanteur au collègue nous prouvera encore une fois de plus que les meilleurs musiciens n’ont rien à faire à l’école.

petit_fantome.jpgHabillé d’un sweat vintage de la région Aquitaine et d’un chapeau de cowboy, Pierre Loustaunau finira même par sauter dans le public, oubliant l’énorme fossé qui le sépare des spectateurs. On aura bien rigolé comme pour le show de Mac DeMarco qui avait installé une table sur scène pour recevoir quelques invités à venir boire des bières pendant le concert et réaliser quelques pitreries … Lui d’ailleurs en fera forcément, en allant par exemple manger un épis de maïs qui lui a été envoyé sur scène par un spectateur mais ce qu’on retiendra le plus enfin de compte c’est sa reprise du tube de Vanessa Carlton … Mac-Demarco-©Nicolas-Joubard-136A3837.jpg

Mais tout ça enfin de compte ce n’était rien face à l'immense chenille de samedi orchestré de main de maître par le trublion Alexis Janicot. Plusieurs centaines de mètres de chenille … D’année en année la chenille deviendrait même une institution à la Route Du Rock. Si beaucoup ont critiqué par le passé, le trop grand sérieux des spectateurs de ce festival … On ne peut plus vraiment dire ça aujourd’hui ! Et c’est tant mieux ....