C’est le premier gros festival de l’automne à Paris et le premier qui arrive a attirer autant de professionnels de la musique à cette saison de l’année. Si la période est stratégique car tous les représentants de la profession ont déjà commencé à booker des groupes pour des festivals qui auront lieu à l’été 2016. Le MaMA a encore cette force de frappe de proposer un beau panel de ce que sera la prochaine saison des festivals à l’instar des Trans Musicales qui servent de beaux tremplins pour les groupes en développement. Au MaMA, rares sont les groupes qui n’ont pas au moins un label ou un tourneur... .

Ce rendez-vous promet comme chaque année une sélection déjà bien tranchée d'artistes qui ont toutes leurs chances de trouver refuge dans le coeur des organisateurs de concerts. Car si le programmateur, cet animal curieux souvent tiraillé entre sa passion pour la découverte musicale et proposer des artistes à un grand public morose qui ne comprend rien à l'art, le MaMA tente néanmoins de redistribuer les cartes en assurant une programmation objective et audacieuse … Et on ne va pas se mentir qui cherche aussi à plaire au plus grand monde ! (on ne parle pas forcément des innocents ou d’Inna Modja )

Il fallait donc bien lire le programme avant de faire son choix entre les nombreuses salles de concerts de pigalle… On a commencé par aller voir ce que Born Ruffians avait encore dans le ventre après avoir sortir de chouettes albums sur Warp en 2008 et 2010, il semble que ce groupe canadien peine à convaincre au MaMA, la cigale est loin d'être pleine et le groupe joue comme s’il était en train de faire son premier stade… Il suffisait de voir le bassiste pour comprendre le décalage. On avait l’impression qu’il jouait pour un groupe de Hard Rock ! Il faut dire que les Born Ruffians ne font pas dans la dentelle sur scène et on s’y perd parfois entre leurs riffs complexes. 

Ce premier soir c’est à la foule bas qu’il fallait être pour se prendre une belle claque, La Foule est le nouveau nom du Bonnie et Clyde, bar rock réputé de Pigalle. mais le groupe qu’on ait venu voir ici joue plutôt dans un registre électro … Ce groupe c’est Maestro et si vous nous suivez depuis un moment, on les avait interviewés en avril dernier pour la sortie de leur premier album chez Tigersushi.

Là clairement on voit bien que leur tourneur a bien travaillé, il y avait plus de pro ici que de fans du groupe malheureusement on ne fait pas poireauté un pro à cause de petits problèmes technique dans une petite salle ou la sueur se fait trop vite sentir. En tout cas rien pour effrayer ce groupe qui aime la confrontation directe avec le public. Mark Kerr, leur charismatique chanteur n’est pas vraiment du genre à s’effacer derrière son micro, la tension monte très vite et elle explosera même sur leur morceau fétiche “méchant” ! Mark Kerr avait bien prévenu le pro avant “avec son sourire espiègle” il allait s’en prendre plein la gueule ! Nous en tout cas on est sorti requinqué …

Malheureusement la pression retombera très vite avec Verveine qui jouait ce soir à la chaufferie de la machine du moulin Rouge. Si on apprécie sa musique sur disque, à 1h du matin et après 4h de marche dans Pigalle on avait clairement envie d’écouter autre chose !

Jeudi, c’est Caandides qui régale d'abord … Devenu aujourd’hui un trio, le groupe n’a rien perdu de sa superbe, mieux même, le son est beaucoup plus épuré pour mettre davantage en relief le chant de théo !  Si la première partie de leur set joue avec les codes plus traditionnels de la pop, la deuxième partie nous emmène dans des contrées bien plus psychédéliques pour notre plus grand plaisir !

Changement d’ambiance au divan du monde le même soir avec Gordon et Christine, deux univers électroniques bien éloignés très difficilement conciliable et si Gordon a mis tout ce qu’il avait dans le bide pour proposer un live digne, fin et énergique, Le duo Christine n’avait malheureusement ce soir là aucune limite pour faire dégouliner son électro OGM à coups de gros kicks étouffés.

Vendredi pour la dernière soirée, rendez-vous à la boule noire pour voir Ropoporose, le duo de frangins le plus chouette du rock indé français. Ce duo, on le connaissait déjà ! Découvert à Niort pour le festival “nouvelles scènes”, vu également au Québec pour le festival FME .... Ropoporose a monté d’un cran encore dans notre estime, si leurs prestations étaient un peu fragile par le passé, le duo est beaucoup plus sûr de lui sur scène !  Ce concert parisien était presque “un sans faute” !

Direction ensuite le Bus Palladium pour aller découvrir le post rock nerveux de Mutiny on the Bounty et tout ce qu’on peut dire déjà c’est que 65 days of Static a fait des petits et pourrait même dépassé leurs pères tant ces luxembourgeois sont dotés d’une technique imparable pour gonfler leur rock noisy a des sonorités plus chaudes voire même funky ! Une des belles claques de ce festival comme Paus dont on a vu les 15 dernières minutes, du math rock qui aurait mangé Foals et Battles à la fois pour les digérer sur des contrées encore plus nerveuses ... Bougrement efficace !

La fin du festival se conclut Acid Arab, le groupe parisien y présentait son nouveau live, les festivaliers sont fatigués mais heureux de danser dans la chaleur d’un divan du monde prét à déborder et c’est pas Rachid Taha qui dira le contraire en allant faire quelques pas de danses sur scène à côté du groupe électro parisien !