catelebon.jpg

De passage à Paris le 25 Février dernier pour présenter son nouvel album Mug Museum, Cate le Bon a embarqué le Point Ephémère dans une promenade teintée de noirceur et d’innocence dans un esprit contradictoire et rempli de contrastes. 
Elle vit à l’année sous un soleil jaune et un ciel bleu californien, mais Cate le Bon n’a en rien oublié sa brume galloise natale. Tantôt américaine sixties, tantôt pop anglaise parfaite, elle mixe les deux et on se retrouve entre du folk et du rock psyché. Le live de Cate le Bon c’était un peu comme si le brouillard avait envahit les plages de Big Sur ou bien l’inverse et il ferait toujours très beau en Grande Bretagne.

 

Dès le début de son set, Cate donne le ton avec des rafales de riffs, des harmonies soyeuses et des mélodies parfaitement justes et précises et emmène son public dans un tourbillon aussi maléfique qu’angélique. Vêtue de noir, la jeune femme sortie tout droit d’un esprit post punk avec un look façon femme des années 1950 gothique, cachait bien son jeu derrière son regard timide avant de se transformer en jolie rockeuse venue des cieux.
Cate a une voix hautaine et sombre, Nico serait presque sortie de sa tombe pour se réincarner dans les timbres de la voix de la galloise. Ce qui n’a pas échappé à la musicienne car les fantômes du Velvet Underground rôdent depuis son premier album (Me Oh My sorti en 2009) et leurs spectres sont toujours bien présents aujourd’hui. Elle est électrisante avec son humour discret et un regard malicieux et elle sait enivrer son public avec sa douce folie.

Toutefois candide avec sa musique allant des instants doux et calmes à la noise, les notes de sa guitare pleuvent de façon frénétique. Et la dualité de Cate est ponctuée par des changements de rythmes imprévisibles et des allers venus entre les aigus et les graves. Cate le Bon s’évade et navigue dans les octaves  notamment sur le titre « Duke ». Chaque titre est estampillé de ses contrastes ardents, elle apparaît soudain comme une enfant de chœur cachée au dernier rang de la chorale pour tout à coup se transformer en sirène hypnotique, le tout accompagné par des guitares trash et inconstantes et des lignes de basse insistantes. L’énergie démoniaque des quatre musiciens enferme le public dans une bulle qui suscite la claustrophobie. Impénétrable, Cate le Bon tire sa révérence en laissant son public interloqué et savourant, même encore après son départ de scène, les instants magnétiques qu’a offert cette magnifique et imprévisible musicienne.

https://catelebon.com/

https://www.laroutedurock.com/cate-le-bon/