C’est la deuxième année qu’on y va, le Pitchfork Music Festival est un rendez-vous incontournable pour nous tant la programmation reflète très souvent les artistes qu’on a l’habitude de défendre. Et pour cette nouvelle édition, les festivités commençaient tôt dans la semaine, dès le mardi avec le concert privé des australiens de Jagwar Ma, l’un de nos groupes coup de cœur de l’année.

Dans un cadre exceptionnel, les australiens avaient été invités par la marque Converse pour s’y produire dans la galerie Merci en plein Paris. On est bien reçu, c’est le moins qu’on puisse dire avec un open bar digne de ce nom mais malgré les litres de bières ingurgités par la bande d’happy few qui s’était pressée tout autour du groupe, l’ambiance reste beaucoup plus timide que leur prestation du vendredi à la Grande Halle de la Villette.

 

Et justement à la halle de la villette ! Le premier concert qu’il ne fallait pas rater, jeudi soir c’était bien sûr celui du foufou Mac Demarco.

Avec sa bouille malicieuse, le canadien s’amuse avec le public qui ne demande qu’une chose : qu’on le rechauffe ! ça tombe bien Mac a toujours quelques reprises à faire … de Lou Reed en passant par Police … pas un temps mort pour se mettre dans l’ambiance ! Les Savages elles aussi donneront tout pour se faire remarquer…

Pendant que la batteuse impressionne, la chanteuse est déjà dans le public, donnant quelques fois dans le cliché ou chacun aura compris qu’il faut être bien devant avec son smartphone en main pour shooter la rockeuse !

Changement d’esprit avec les Mount Kimbie ! On avait déjà pris notre claque avec eux au Midi Festival, ces 2 anglais nous ont encore prouvé qu’on pouvait réinventer le post rock par l’électronique ! Les fréquences vont dans tous les sens et même s'il est encore trop tôt, ça part à toute vitesse dans notre tête tant leur musique est extasiante comme pour Darkside qui contrairement à Mount Kimbie a voulu faire dans le minimalisme jusqu’à la scènographie qui s’arrête à un cercle lumineux.

La palme de la mise en scène ce soir là, revient forcément et indéniablement à The Knife qui nous a offert un concert qui s’approchait très souvent de la comédie musicale, avec de la gym suédoise et même des performances à la Riverdance … On ne sait pas sur quel pied jongler, Beaucoup de playback, la chanteuse change à chaque titre …

Tout est assumé ! Et on peut se demander si l’art doit pouvoir s’inspirer de performances  plus « grand public » pour occuper la scène … En tout cas The Knife réussi encore son pari faire parler de lui en se réinventant à chaque nouvel album !

Vendredi, le concert qui restera sur toutes les lèvres est forcément celui de Jagwar Ma dont on vous parlait plus haut ! Les australiens, depuis leur tournée avec Foals, ont gagné en assurance, le chanteur arrive sur scène avec un look à la Shaun Ryder des Happy Mondays ! On l’aura compris Jagwar Ma veut raviver l’esprit de Madchester avec son electro pop frénétique et ça marche en tout cas ce soir là !

On perdra clairement en intensité avec Connan Mockasin, le chanteur ne respire pas vraiment le charisme, trop gentil avec son public qui réussira quand même à faire asseoir à la fin de son show.

On reprendra une bonne tranche de dance-floor à la fin avec Disclosure, très attendu ce soir-là, ce duo anglais est effectivement la révélation électro de cette année ! Un groupe qui réussi à décomplexer son electro en plaisant aussi bien aux hipsters qu’à la petite meuf qui va acheter ses cds chez Carrefour. C’est si efficace qu’on ne peut pas rester en place … surtout que les 2 jeunots sur scène nous font voir qu’ils ne font pas semblant de jouer avec les nombreux instruments à côté d’eux !

Samedi l'homme de la situation s' appelle Baths, de short et marcel vêtu. Sa prestation tient aux multiples samples qu'ils injectent dans sa musique quand ce n’est pas sa voix. Si on connait l'artiste pour sa douceur, on découvre ici la face énervée de Baths avec des passages plus bruitiste sur sa voix.

Etrange transition avec le syrien Omar Souleyman, entre électro et musique traditionnelle … Il y a beaucoup de sourires dans l’assistance et la fête ne tarde pas de s’installer aux petits pats des déambulations du syrien qui tente malgré lui de combler cette grande scène, un peu vide qui ne compte que le synthétiseur de son unique musicien.

La suite est plus noire avec Yo La tengo ! groupe mythique de l’indie rock qui fera tout dans le contraste. Un début noisy pour finir sur des balades pop pas vraiment exceptionnelles.

Panda Bear lui nous plongera dans une transe shoegaze pour un show tout aussi frontal qu’introspectif ! La fête reviendra après avec Hot Chip qui bat ici les records d’affluence du festival, très difficile de voir le groupe anglais de près ... .

On n'a jamais autant dansé surtout avec le beau line-up qui suivait :  Glass Candy, Todd Terje et A-trak qui n’a pas vraiment fait dans la dentelle !

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