Reportage estival en direct d’autres terrres musicales.

En Argentine, question musique, il y a le ‘’rock nacional’’, un peu comme notre rock français des années 80 90, bien poussiéreux, mais toujours très présent en terme de parts de marchés et d’airplay à la radio. Mais alors quoi de neuf dans ce pays depuis les années 2000 ? 
 
Beaucoup de choses ! La cumbia digital, véritable phénomène clubbing dont l’épicentre se situe à Buenos Aires, irrigue les dancefloors electro-world de la planète depuis une quinzaine d’années, notamment grâce au beau boulot du label ZZK.  
 
Plus récemment, grâce aux réseaux sociaux et au succès de médias indie pointus comme Pitchfork, Gorilla vs Bear ou NME, les artistes émergeants de Buenos Aires (comme d’ailleurs, d’ailleurs) peuvent goûter par procuration aux dernières tendances et LIKER un groupe inconnu maistropcoool du quartier de Williamsburg à Brooklyn qui n’a encore que 187 fans. Suite logique, on voit émerger des médias ‘’indie’’ sur internet et des groupes low-fi-chillwave-post-punk-surf-minimal au pays du tango, des gauchos, et donc du rock nacional. 
Voici donc une sélection, un panorama très subjectif et non exhaustif, de 20 groupes indés made in Argentina, qu’on pourrait croire venus de Londres ou New-York, si ce n’est qu’ils gardent pour la plupart leur langue maternelle pour chanter. Et passé le petit temps d’adaptation, et bien ça se laisse écouter comme on dit ! 
 
En bref, les groupes indés en Argentine se libèrent de l’héritage rock nacional, s’inspirent de la création contemporaine mondiale mais savent garder un fort ancrage culturel en chantant souvent en castellano, (l’espagnol argentin, prononcer ‘’castechano’’). Belle pirouette que de ne pas céder complètement aux sirènes de la hype anglosaxone. Enfin, leur force créatrice s’exprime aussi magnifiquement par l’image avec des vidéoclips souvent très singuliers et techniquement réussis...
El mato a un policia Motorizado
 
En activité depuis 2003, ce groupe au nom improbable est aujourd’hui un groupe majeur de la scène indie en Argentine. Dans la lignée des Pixies et des Strokes.
 
 
mompox
 
Un petit côté Hot Chip VS Pet Shop Boys, chez Mompox, un groupe pasisonné de synthétiseurs et claviers en tous genres, avec tout de même une présence de guitares à la MGMT/Tame Impala. Des arrangements riches donc, et des structures intelligentes, permettent à ce groupe ambiiteux de tenir logiquement le haut du pavé de la nouvelle scène électro-pop argentine.
mention spéciale pour le super clip, un peu dans la meme veine que le Bombay de El Guincho.
 
 
Catnapp
 
Elle a un petit côté Die Antword ‘’soft’’ VS Kitty Pryde dans son rap à la voix haut perchée et dans son joli minois d’ange blond. Son rap se ballade sur des rythmes et sonorités électro inspirées de la  drum n’bass et de l’électronica.
 
 
Los jardines de bruselas
 
Représentant de la chillwave ou dream pop en Argentine, Ezequiel de la Parra, part dans des quêtes oniriques, psychédélques, subaquatiques, mêlant instruments électroniques et écoustiques. Un petit côté androgyne et très réverbé dans sa voix nous fait perdre encore un peu plus nos repères.
 
 
Las kellies
 
Le plus court chemin entre le punk des Slits et le groove de ESG semble passer par Buenos Aires avec ces 3 filles qui se font mixer leurs albums par Dennis Bovell (Madness, The Slits, Fela Kuti) et viennent presque chaque année jouer en Angleterre et en France. A Novorama on les a d’ailleurs aidées à trouver des gigs sur Paris plusieurs fois, toujours prêts à aider des jeunes filles ;) 
 
 
Les mentettes
 
Soit un collectif de pop folk intelligente constitué d’un noyau dur de 7 musiciens. Ils ont sorti en 2010 un album enregistré avec un orchestre de 30 musiciens (comme Sufjan Stevens en 2007 avec l’album The BQE), en 2011 un disque en forme de B.O d’un film imaginaire,  joué au SXSW 2013, sont amis avec leurs cousins français Tahiti Boy & the Palmtrees et américians Of Montreal. Taux de coolitude : élevé.
 
 
Liers
 
4 musiciennes emmenées par une chanteuse proprement incendiaire réscussitent le rock des Stooges avec une pincée d’amplitude soul dans la voix. Ca remue les tripes et ça excite les garçons et les filles !  
 
 
Rumanians
 
Deux soeurs de Buenos Aires qui font de la house avant-tribal (!) et qui citent ESG, les Beach Boys et Carpenters. Signées sur l’influent label argentin Dengue Dancing Records. A suivre de près.
 
 
Olga
 
Un joli duo de voix pop mélancholiques sur une musique électro faisant la part belle aux synthés et aux cuts mais aussi aux sons plus organiques d’instruments classiques ou de jouets. Avec un clip étrange et fascinant sorti en 2012 pour la promo de leur deuxième album, Olga s’est retrouvé sur plusieurs compilations, notamment en france et en espagne.
 
 
 
Voici une joyeuse bande à l’orquestration originale et détournée de son image folklorique : le sax baryton et la bombarde font mouche, le banjo et la trompette ne sont pas sans rappeler Sufjan Stevens. La voix de la chanteuse nous fait penser aux divas d’entan. Un bon combo !
 
 
LOS ANIMALES SUPERFORROS
 
C’est souvent un exercice perilleux de mixer folk et musique électronique pour verser dans une pop psychédélique richement orchestrée à coups d’accords de guitare sèche, de nappes de synthés et de chants réverbés, mais ce quintet porteño y arrive avec brio. 
 
 
 
Fransisca est un artiste solo qui apparemment a pas mal d’amis dans sa tête.Selon ses propres dires, il compose depuis 400 ans un opéra pop appelé ‘’Barbuda’’ composé d’histoires improbables. Euh,Ok. Du moment que ça marche laissons-le  nous émerveiller.
 
 
AXEL KRYGIER
 
Très ‘’Radio Nova compatible’’, Axel, homme orchestre et arrangeur de génie, bricoleur de mélodies instantanées, a inventé un son au carrefour du folklore argentin et de la musique électronique avec le groove et l’espieglerie comme ingrédients principaux. 
 
 
UN DIA PERFECTO PARA EL PEZ BANANA
 
Avec un nom tiré de la nouvelle qui a rendu célèbre l’écrivain New-Yorkais J.D Salinger, ce quintet de Cordoba met logiquement en avant les textes, chantés délicatement par une voix qui rappelle un peu celle de Lali Puna. Quant à la musique on peut se référer à Warpaint, notamment pour le son de batterie, avec un côté plus onirique, innocent.
 
 
Isla de los estados
 
Intéressant trio ambiant pop qui emprunte certains sons au dub électro et à l’IDM. Avec leur chanteuse chanteuse très élégante, on pense forcément à Everything But the Girl. Soutenu par Gustavo Cerrati, ils ont joué dans beaucoup de festivals.
 
 
Cristos
 
Avec son krautrock psyché, le jeune groupe Cristos se démarque des quelques groupes post-rock argentin en ajoutant de l’électro et du blues sur ses deux premiers titres enregistrés cette année. Originale invitation aux voyages de l’esprit.  
 
 
 
Lo'pibitos
Ils ont repris à leur compte le message originel du hop-hop “peace, love, unity & havin’ fun’’ en rappant sur des compos mêlant funk, cumbia et rock. Un bon exemple de rejeton de la sono mondiale.
 
 
Poncho
 
Poid lourd de la scène électro-pop argentine, Poncho est la réunion de trois artistes solo reconus : Zuker, Lopatin et Picciano. Ils produisent des tracks généralement très énergiques et proposent des featuring à des chanteurs émergeants ou reconnus. Une démarche altruiste et tentaculaire à la fois.
 
 
Barem
 
Signé sur le déjà mythique label MINUS fondé par la star de la techno minimale Richie Hawtin, Barem est peut-être l’artiste argentin qui fait aujourd’hui le plus de live hors de son pays, preuve que la culture électronique est bien globale et adaptée aux contraintes d’aujourd’hui (moins coûteux de booker un DJ qui voyage seul qu’un groupe de rock au complet). Depuis la sortie de son premier EP en 2005, Barem connaît un succès sans faille sur tous les dancefloors, même aux USA ou en Angleterre, et joue régulièrement en France.
 
 
Ana Helder
 
Signée sur le label Comémé fondé par le chilien Matias Aguayo, figure de proue de la techno minimale sud américaine, Ana vient de Rosario, ville d’une province argentine d’ou sont originaires un grand nombre d’artistes musicaux. La relève est en marche.