Fauve

Avec Fauve, tu ne peux pas mentir.

C’est sur un parking, en plein dimanche après-midi, au carrefour de nulle part que nous rencontrons Fauve. Pour le 3ème et dernier jour du festival Panoramas, le club Coatelan accueille une soirée en apparence plus calme que les prédécentes. Lescop et Fauve ouvrent le bal pour ensuite laisser place à Arnaud Rebotini et Don Rimini.

Petit écrin où aurait pu se tourner quelques scène des Démons de Jésus, le club Coatelan ouvre ses portes depuis peu au festival Panoramas. Ambiance nettement plus feutrée que dans le parc expo de Langolvas, seuls quelques 400 privilégiés sont admis en ces murs. Dans cette ancienne gare, les recoins sombres, la mezzanine et la terrasse sont une aubaine pour cacher les visages fatigués et continuer à vivre l’expérience Panoramas.

Surpris et amusés par l’endroit, les Fauve nous reçoivent dans leur camion et saluent l’aubaine qu’ils ont de pouvoir être ici. “Sortir de Paris c’est l’aventure, ça nous sort de la routine.”

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A l’époque où on les croise, mars 2013, ils en sont à peine à leur 12ème concert et pourtant revendiquent déjà que pour eux, un bon concert ce n’est pas quelque chose de propre, c’est un truc où on a transpiré, où il s’est passé quelque chose. On sait la ferveur du groupe sur scène, ce qu’on imagine moins c’est leur timidité. Ils s’excusent presque d’être là, d’en être arrivés là, et n’en reviennent toujours pas.
 
Fauve ce n’est pas quelqu’un ou une identité particulière, c’est un truc qui est là pour aider. Notre but n’est pas de dire que Fauve c’est 5 gars super sympas. Fauve, tu lui mets pas de visage, pas de prénom, pas de nom. Comme ça c’est une aide, et cela nous permet de nous protéger.
Thérapie collective donc, avec pour modèle l’empirisme. Rien n’est calculé selon eux, et surtout rien n’est figé. Les mots viennent, puis ensuite les sons. Succession de contraintes et d’accidents on essaie de le tourner à notre avantage, de s’approprier. Et chacun a droit de cité. L’essentiel étant de faire sortir ce qui les ronge, de se soulager.
 
De la gêne certes mais pas de naïveté. Les Fauve montrent presque les crocs quand on évoque la suite. Pour eux la réponse est sans équivoque :
“On va garder la main à 100% sur l’artistique, quoiqu’il arrive. C’est trop viscéral pour nous. Ce projet est né d’un besoin quasi thérapeutique, il n’y avait aucune attente, c’était une fin en soi. Et on avait besoin d’un défouloir. Ça nous apporte trop de choses, c’est notre béquille comme notre lanterne.”
 
Identité visuelle très forte, textes qui parlent simplement des choses de la vie, Fauve touche, émeut et remue. On le voit ce dimanche soir, en fin de course d’un festival éprouvant et intense. Les visages s’illuminent, les briquets s’allument et la foule amassée dans le petit club reprend en choeur les refrains phares du collectif.
 
Cet été, ils reviendront fouler les terres celtes au festival du Chant de Marin de Paimpol le dimanche 11 août.