« On espère finir entiers et on risque d’enterrer les autres »
Rencontre avec les bruxellois de BRNS au festival Panorama
 
Sans détour, et la langue bien pendue, il aura fallu très peu de temps pour le quatuor Belge BRNS pour se mettre à l’aise. Décontraction évidente pour les musiciens qui nous retrouvent à la sortie de leur set au festival Panorama, le 30 mars dernier. 
 
Leur nom vient d’une sorte d’admiration pour les bouffeurs de cervelles dégingandés, arpentant les villes désertées. La filmographie de Romero ou encore l’incontournable BrainDead doivent très certainement occuper de l’espace disque chez ceux là ! Délire collectif d’heures passées devant le petit écran, on n’en saura pas vraiment plus. Le fait est que la complicité entre les 4 musiciens est évidente, et quand il s’agit de parler de leur musique, la réponse unanime : 
«  La musique est le domaine des zombies. Pour autant on n’est pas très torturés comme garçons. On écrit des chansons tristes, parce que les choses tristes sont belles simplement. » 
 
Sur scène, ils sont criards, hurlants, nerveux, intenses et parfois rigolards. Tous en front de scène, difficile de ne pas se faire happer par la densité de leur son. Construit sur des ruptures rythmiques, où les éléments semblent être ajoutés comme des pièces de puzzle, il peut se révéler tantôt mouvant et parfois angoissant. Ils tiennent au « son organique », notamment de leurs claviers et percussions. Et jouent de finesse et d’ « espièglerie » quand interviennent cloches et xylophone. La lumière n’est jamais très loin dans les voix qui se rejoignent en chœur, comme un soulagement collectif ; 
  
« Les thèmes mystiques restent, autour de la vie après la mort. The Story of a bible parle d’une personne partie au couvent, par exemple, et de son changement de comportement par rapport à sa famille. » nous confie Tim, le batteur-chanteur. 
 
À défaut d’avaler de la cervelle bouillie, c’est clairement dans les bacs à disques qu’ils font leurs orgies. Les influences sont multiples venant du rock indé (Godspeed, Menomena, Radiohead, Foals pour n’en citer que très peu…) mais aussi du côté d’une scène soul-hip-hop plus anxieuse comme chez Ghospoet. On conseille au passage leur reprise du titre Us against whatever ever. 
 
 
L’humour aussi n’est jamais loin. Comme sur scène où les regards se croisent et les sourires s’esquissent franchement. 
« Parfois c’est la grosse boulangerie, mais pour nous ça reste un bon concert. Ce qui compte c’est l’intention…l’essentiel étant de bien rigoler après. » 
 
Sincère, leur humilité n’a d’égale que leur générosité. 
Fort à parier que leur concert vendredi 19 juillet sur la scène GRALL aux Vieilles Charrues retournera quelques encéphales. Et si l’occasion se présente, nos plus chaudes recommandations pour aller à la rencontre de ces sympathiques et brillants garçons. Il est toujours dommageable de s’interdire une belle rencontre. 

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