Les deux australiens de Civil Civic ont largué les amarres au Petit Bain à Paris le Mercredi 5 juin pour produire leur son brut et terriblement addictif. La post-punk contemporaine du duo a envahi la cale du bateau tel un triptyque hypnotique.

Emigrés sur les berges de la Tamise pour l’un et au bord de la Méditerranée pour l’autre les deux australiens se sont rencontrés pour la première fois à l’aéroport de Barcelone en 2008 pour monter un projet de musique instrumentale à motifs multiples. « Nous avons fait notre premier show à Barcelone en juillet 2009 pour voir si le concept du groupe marchait. Ce n’est que dix mois après ce concert que nous avons rejoué ensemble, par la suite l’EP est sorti… ». Chacun de leur côté, ils peaufinent, travaillent et échangent leurs fragments sonores. Des éléments pourvus de toute dématérialisation qui s’emboîtent les uns les autres et finissent par produire les sons tranchés propres à l’énergie du duo. Et si l’on doit cataloguer le groupe, on finira par simplement dire que Civil Civic fait du Civil Civic.

Cent vingt shows et trois ans plus tard, les deux acolytes étaient sur un bateau parisien pour jouer leur musique festive. Lorsque le groupe composé de trois membres dont une boîte à rythme surnommée «the box » monte sur scène, il garde toujours la même philosophie. Les règles du premier album « Rules » sont bien respectées : faire danser le public tout en frayant un chemin musical aux rythmes brutaux et soudains, au son de mélodies exubérantes et finement ouvragées.  

Le groupe peut se targuer de faire évoluer ses morceaux au gré de leurs concerts avec une musique en perpétuel mouvement tant dans la forme que dans le son. La synergie de la basse de Ben Green et de la guitare d’Aaron Cupples est mise en abyme par la boîte à rythme lumineuse au devant de la scène qui soutient les deux instruments par ses beats saccadés tout en absorbant le regard du public. Ils ne sont pas que deux sur scène, mais bien trois, cette machine atypique arrive à donner une dimension triangulaire au duo « la box, c’est comme un batteur, sauf que lorsque nous voulons qu’elle change de rythme on utilise nos pieds plutôt que nos bras ». Quant aux deux musiciens, ils offrent un live complice et excellemment équilibré qui arrive à plonger le public dans une ivresse effrontée et transcendante.  

Un paysage sonore évolutif dont l’auditeur peut se faire fort d’écrire lui même des paroles et  d’interpréter les mélodies à sa façon au moment même où il les écoute. Le guitariste la décrit comme « de la musique instrumentale qui ne dicte pas de message, c’est à chacun de compléter l’histoire. ». Cent vingt shows ; cent vingt interprétations possibles donc, Civil Civic est sur les routes de France et d’Europe jusqu’à la fin du mois de juin.

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