Depuis l'édition 2010 des 3Éléphants, où l'on avait découvert le festival mayennais et de bien jolies pépites musicales (Jon Hopkins, Lucky Dragons, Wildbirds&Peacedrums,...), l'idée d'y revenir nous a bien branchés.

La raison : un festival à taille humaine avec une programmation musicale audacieuse, mixée aux arts de la rue, dans le cadre chaleureux et chatoyant du centre-ville lavallois.

© Stéphane Dufresne

© Stéphane Dufresne

Nous voici donc à l'édition 2013 des trois pachydermes. Le temps de reprendre nos marques et c'est parti pour deux jours de festival !

Pour cette édition, les têtes d'affiches sont bien en place : Oxmo Puccino, Woodkid, Sexy Sushi, Rone et surtout Amon Tobin avec son projet Two Fingers.

Mais nous sommes là aussi pour découvrir et être surpris, ce que les 3Elephants savent faire !
On demande à voir : Ropoporose, Do Make Say Think, Villagers, Paon, BRNS,...
 

VENDREDI 24 MAI
 

 
On arrive sur le site principal Patio/Arène vers 18h. Le temps n'est pas à la fête mais peu importe, on aura plus de chance le lendemain.

Cette année, un gros travail de décoration a été mis en place. Des structures, mécanismes et projections sont disséminés un peu partout sur le site.
 
Côté musique, ça commence avec Salie Ford and The Sound Outside.
 
L'américaine et son rockabilly 50's nous chauffe un peu les guibolles mais pas assez pour nous faire entrer dans le festival.

Il ne nous faudra pas beaucoup de temps pour prendre notre première claque, avec Do Make Say Think.
 
Les canadiens nous emmènent très loin avec leur post-rock des plus onctueux.

Des montées progressives qui font plaisir, un jeu de scène un peu timide (lié aux 10heures de route qu'ils viennent de faire) mais une découverte musicale bluffante.
 
Ça commence très fort !
Et ça mérite une vidéo...
 
 
Il est 21h et Oxmo Puccino prend le relais. Le site commence à bien se remplir et on s'attarde un peu à écouter les textes bien tricotés du rappeur franco-malien.

Rien à dire sur les BeatNuts (du bon gros hip-hop pour ceux qui aiment).
On fait l'impasse pour manger un bout.

Vient ensuite ce qui semble être la plus grosse attente du festival, le tourangeau à la carrière internationale, Woodkid, auréolé de son premier disque The Golden Age.

Le public est hystérique tout du long. Le show visuel et les musiciens sont bien en place mais pour nous, il manque quelque chose.

On aura compris l'engouement pour "l'enfant des bois" mais ça n'est pas non plus la révélation de ces vingt dernière années. L'univers pop "épique" ou "baroque" de l'album se révèle en fait assez plat en live.

On enchaine ensuite avec Paon, l'une des découvertes du festival et remplaçants à la volée de Duchess Says. Forts de leur dernier Ep et de belles premières parties (Alt-J, Troy Von Balthazar), les belges distillent un univers rock étrange et agréable. Les mélodies sont accrocheuses, les voix bien maîtrisées, la sauce prend mais sans plus de notre côté.

Enfin, Rone clôture la soirée avec une finesse qu'on lui connait bien. Un set progressif taillé pour nous emmener dans son monde éthéré. Il est temps d'aller se coucher.
 

SAMEDI 25 MAI


Bonne nouvelle, le soleil est au rendez-vous et la journée s'annonce haute en couleurs, elle sera d'ailleurs mémorable !
Le temps d'émerger et on file au site du Village pour se réveiller avec la musique du dj lavallois Ptit Fat.

On file ensuite voir Don Cavali et son blues à l'ancienne. Vieux baroudeur et copain de Ben Harper, Black Keys et Hanni El Khatib, l'univers du musicien nous fait voyager dans les saloons américains, ça sent bon le whisky...

Il est maintenant l'heure d'aller voir Ropoporose, le duo qui avait titillé notre curiosité sur le teaser du festival et que l'on avait rencontré la veille.


© Hugo Bernatas

On se retrouve au petit Bar des Artistes pour découvrir Romain (batteur) et Pauline (voix, guitare, synthé, drums), frangin et frangine de leur état.

Leur musique est touchante et fraîche, du post-rock à l'univers atypique et mordant. La plus belle surprise du festival, donc, à suivre de très près !
En écoute ICI.

Direction le bâteau-concert pour Dom La Nena. Au fil de l'eau, la magnifique folk de l'artiste de 23 ans prend aux tripes. L'occasion aussi de découvrir Laval et ses alentours, par voie fluviale.

Cette année, nous ne verrons qu'un seul spectacle de rue.

C'est la Cie Sivouplait et son spectacle "Silences amusants d'un couple en blanc" que l'on découvre sur une place de Laval.

Nozomi et Takeshi nous délivrent sur fond musical une performance faîte de geste et de burlesque. Sans détours, ni artifices, on assiste à une belle performance.

Le fait de proposer des spectacles d'arts de la rue est un point fort du festival, cela permet de découvrir de nombreuses compagnies de qualité et de passer un bon moment.

C'est au Village qu'on retrouve Paon.
Le cadre est posé mais, on préférait la veille.

Sur le site du festival, les hostilités reprennent à 19h00 avec Von Pariahs. Les vendéens sont fidèles à leur réputation, du rock aux accents punk bien dansants. Une belle machine de guerre bretonne à suivre...

Deuxième belle surprise avec la folk sensible et aérienne de Conor O'Brien des Villagers. Le groupe irlandais séduit le public avec ses mélodies fines et entêtantes. L'ambiance et la qualité des concerts montent crescendo.


C'est désormais au tour de BRNS de nous faire baver. Les belges et leur pop nerveuse font une grosse impression. On se régale de plus en plus !

 

 

 

L'ovni du festival, Gull, prend place entre l'Arène et le Patio. Armé de sa batterie, sa guitare et son masque vaudou, l'homme-orchestre américain nous livre une prestation bruitiste et mystique.

Comme en 2010 où Tricky avait eu la mention WHAT THE FUCK !, c'est Sexy Sushi qui remporte la palme pour cette édition. Le trio arrive sur scène avec des airs de grande messe puis tient le public pendant une heure de pure folie. Une barrière sciée, des jets de grosses baguettes, une plante martyrisée, le tout sur fond de techno-punk-core-machin et de textes bien ironiques. Efficace.

On s'en souviendra et on se demande comment enchaîner après ça !?

Les Concrete Knives enchainent aussi bien. Alliant la dance et la romance, le groupe originaire de Caen livre un live bien énergique. Ils seront rejoints sur la fin par l'équipe de Von Pariahs.

Toujours dans l'énergie, celle de J.C. Satan est plus primaire et sauvage. Les bordelais électrisent la scène du Patio avec une fureur non contenue.

Vient enfin le moment tant attendu (pour moi), monsieur Amon Tobin est venu nous présenter son projet techno Two Fingers.

Toujours armé de sa patte breakbeat aux accents jazzy, Tobin réunit ses anciens travaux dans une masse sonore "technoïdée" et  fabriquée pour faire bouger, bouger et bouger pendant 1h30 !

LE MOT DE LA FIN

Pour sa seizième édition, les 3Éléphants s'impose toujours comme un festival incontournable du début de saison.

Les raisons principales de ce succès tiennent au cadre du festival (les lieux proposés, la décoration du site, la bonne humeur des équipes), à l'émulation créée par le mixage musique / arts de la rue / spectacles pour enfants et surtout au fait que l'on soit toujours sûr de découvrir quelque chose de bon.

Cette programmation est d'ailleurs assez audacieuse pour ne pas se soucier du mélange des genres et des enchainements improbables. La soirée du samedi aura été la plus mémorable, dans la continuité et l'intensité.

On vous conseille vraiment d'aller découvrir ces éléphants en grande forme, de vous revivifier avec eux.

A l'année prochaine !