Le Festival des Inrocks vient de fêter cette année ses 25 ans... que dis-je le Festival Inrocks Volkswagen ! Évacuons tout de suite la question tabou : pourquoi Volkswagen a-t-il besoin de s’associer cette année aux Inrocks pour son festival ? Pour être une marque plus cool, plus branché ? Et inversement pourquoi les Inrocks ont-il encore besoin de Volkswagen pour le Festival ? Pour le fric ?

Alala si les festivals français cèdent de plus en plus leur image à des marques, c’est bien que la culture n’attend plus rien des subventions… C’est encore plus vrai à l’étranger où  les festivals portent généralement le nom de la marque de la bière locale ou du plus gros opérateur téléphonique. Bref mon petit gars si tu veux voir des bons groupes il faut y mettre le prix… et les recettes des places achetés ne suffisent pas toujours à rembourser les cachets de plus en plus extravagants des artistes qui, faute de recevoir de l’argent grâce à leurs disques, compensent par les cachets. On ne va pas s’éterniser sur cette question, ce pour quoi on est d’abord venu au Festival des Inrocks c’est bien la musique !

Et on commence lundi 5 novembre par une belle affiche au Casino de Paris avec Juveniles, Kindness, Lescop et Hot chip. Arrivé trop tard pour Juveniles on se consolera avec Kindness. Si le concert débute avec une dizaine de minute de retard - la faute parait-il au bassiste qui se serait perdu en backstage - on découvre Adam Bainbridge, un chanteur en pleine forme, trop même pour un public encore peu réceptif au groove de ce garçon qui ressemble plus à un chanteur de groupe de rock des années 90 qu’à un chanteur soul !

Le son est impeccable ! Adam s’amuse avec ses choristes et tente en vain de faire monter l’ambiance en allant rejoindre le public tel un crooner qui irait embrasser ses fans. Ça marche moyennement... Il faut dire que si Lescop s’était amusé à faire la même chose pendant son concert, les filles lui auraient déchiré le maillot mais Kindness ne profite pas encore de la même aura en France que le chanteur rochelais. Ça devrait en tout cas venir vite, je pense, pour lui !

 

Pour son concert, Lescop a joué avec très peu de lumière sur scène : le public ne voit que sa silhouette s’agitant de façon robotique tel un Ian Curtis en transe… Le garçon reste néanmoins discret … Le  public connaît l’album par cœur, l’ambiance est chaude pour conclure haut la main avec le show très attendu des anglais d'Hot Chip qui enchaineront ce soir-là tous leurs « tubes » : One Life Stand, Night And Day, Flutes, Ready For The Floor… Heureusement, car on n’aurait pas voulu se taper tous les titres de leur dernier album un peu en deçà de leurs précédents … Le Casino de Paris se transforme en dancefloor, on n’est que lundi. On peut dire qu’on ne s’est pas ennuyé !

On s’est invité ensuite le jeudi soir aux concerts de Team Me, Citizens !, The Maccabees et Spiritualized à la Cigale… Malheureusement il fallait encore faire l’école buissonnière pour voir le premier concert dans son intégralité. C’est dommage car j’attendais beaucoup du show des Team Me. Ces norvégiens n’avaient manifestement pas froid aux yeux ce soir-là,  j’ai juste pu voir le chanteur s’exciter dans le public !

Changement de style avec Citizens !, un brin poseur, le chanteur veut décidément en mettre plein à vue à un public qui ne connaît qu'1 ou 2 morceaux du groupe. Rien ne dépasse et on comprend très vite que ces anglais ont tout ingurgité de leurs ainés en matière de britpop ! L’étonnement sera à son comble quand le groupe anglais  reprendra le morceau  Missing  d'Everything but the girl, avant de tout donner avec leur titre electropop Girlfriend.

Retour ensuite au rock à guitare avec The Maccabees. Le groupe ne fait pas spécialement dans l'originalité et correspond beaucoup à ce qui marche en ce moment en Angleterre, mais surprend par sa façon de changer de répertoire musical avec une efficacité sans faute !

Le groupe le plus attendu de cette soirée était inconditionnellement Spiritualized. Leur concert commence très fort avec le titre Hey Jane mais va très vite tomber dans les méandres de la caricature du dépressif incarné par son leader Jason Pierce. On a limite l'impression d'assister à une messe ou Jason serait dieu, allumé par sa lumière divine derrière lui et accompagné de ses 2 anges (les 2 choristes). Ça ne respire pas vraiment la joie de vivre mais ici tout le monde respecte le vieux routard planant sur sa chaise ! Le lendemain on revient et c'est au tour de Myriam de vous raconter cette soirée de concerts.

A la lecture de la programmation du vendredi soir du Festival des Inrocks j'ai eu envie de crier à l'incohérence et à l'erreur de casting. Au final ce Vendredi soir s'est avéré joyeusement judicieux, un  zapping musical divertissant. Il y en a eu pour tous les goûts, même pour ceux qui n'en ont pas.
On commence donc par Phantogram, un groupe electro-rock from USA,  que je découvre pour la première sur scène. C'est un très bon début de soirée, à eux trois il occupe tout l'espace sonore de la Cigale, parviennent à créer un bourdonnement perpétuel entrecouper par la percussion sur "Don't move",  il faut dire que le batteur ne fait pas semblant de jouer !  Le son est lourd, et assuré sur "When I'm Small", si je devais caractériser le groupe par un seul terme, ce serait la puissance qui assailli le spectateur consentant. Si je devais décerner un prix spéciale : celui de coiffure symétrique in-défroissable de la chanteuse.

Après une trentaine de minutes de set, ils laissent leur place à  Poliça, le groupe de Channy Leaneagh. Je dois avouer que la ressemblance physique avec la chanteuse de Phantogram  est perturbante, en même temps on ne voit pas grand chose dans le noir .


Érigé en moins d'un an au rang de référence musico-spirituel,  Poliça déploie tout son éventail vocale et installe son atmosphère particulière comme à la maison, en plus grand. Sur sa prestation ils passeront en revue les titres de son album "Give You,the Ghost" entremelant les rythmiques dub "lay Your cards Out " et la voix invocatrice de la chanteuse "Violent Games", qui peut s'avérer parfois même incisive comme sur "Dark Star". Soutenu par deux batteurs hors paire exécutant une démonstration homorythmique vertigineuse sur le même "Violent Games", Poliça reste très convaincant une fois de plus.

Place à une tout autre ambiance pour la seconde partie de soirée, mais à l'entracte on ne pouvait trouver que de la bière, même pas de glace Miko; la loose . Electric Guest débarque d'un pas sautillant, ils sont contents, très contents, ça tombe bien le public aussi. S'en suit une rafale de morceau tous plus sympatoch les uns que les autres, avec choeur "Awake", sans choeur mais avec clap sur le réjouissant "Waves" avec un petit détour reggae sur "Holes". C'est très revigorant, très frais et surtout pas encombrant. On passe d'un titres à l'autre aussi facilement que de paires de chaussettes. Tout l'monde danse, un Vendredi soir digne de ce nom sous le signe de la bonne-humeur communicative de l'increvable Asa Taccone. Le final est certainement à la hauteur des espérances du public qui transpirait depuis presque une heure. Le clavier sur-aigü de l'intro de  "This Head Hold" sonne le glas, un tube pareil c'est imparable.

A ce moment là, je pensais réellement que nous étions au top de la fête avec ces gais-lurons d'Electric Guest, mais c'était sans compter sur le potentiel immensément - et je pèse mes mots - fédérateur de The Vaccines. C'est bien simple, ils ont presque retourné la Cigale, j'ai vu des gens prêts à se jeter des balcons tant ils étaient possédés par le furieux riff des anglais. La recette est si simple qu'on a du mal à croire qu'elle reste efficace, une batterie obstinée, quelques riffs motivant presque Punk et surtout des refrains que tout l'monde peu scander car souvent à base d’onomatopées et de répétitions,à raison de  25 fois en moins d'une minute "No Hope", ça finit par rentrer. OOooooh, aaaaaAAAAh les Vaccines ou l'art de la synthèse.
Au bout de 30min de concert je m’aperçoit que je connais presque toutes les chansons, et je ne suis pas la seule loin s'en faut, de véritable machine à  tube, pour n'en citer que quelques unes "Post Break-up Sex" avec son petit refrain pop et la réverb' à la guitare pour le côté mélancolique, ou encore l'urgente "if You wanna" sur laquelle j'ai bien cru que mon occiput allait imploser.


Demeure cependant une interrogation concernant les quatre londoniens et leur effet abrasif sur le cerveau de leur public. En effet j'ai constaté que celui-ci était, outre son entrain des plus spectaculaire, était royalement disparate en terme d'âge. Le brassage d'hommes de plus de 45 ans déclenchant des pogos à tout-va, et de minettes de moins de 18 ans hystériques me laisse pantoise. Je ne vois qu'une seule explication,  le contrat de génération est une idée accouchée par Hollande après un concert des Vaccines.

report et photos par Antoine et Myriam