On y était déjà allés l'année dernière, Marsatac nous a encore démontré qu'il est bel et bien l'un des festivals français incontournables, à chaque rentrée, pour remettre du soleil dans nos coeurs ! Même si clairement on ne l'a pas trop vu poindre le bout de son nez cette année... Il est évident que la météo ne fait pas tout mais elle contribue au succès d'un évènement comme celui-ci, surtout quand il veut attirer un public qui se déplace de loin. D'ailleurs le mauvais temps aura eu la peau cette année d'Aires Libres, l'open air de Marsatac qui fait passer Marseille pour Berlin le temps d'un après-midi avec une programmation électronique pointue.

Mais revenons-en aux soirées de concerts qui se sont déroulées au dock des suds à Marseille. Nous ne vous raconterons pas les soirées de Nîmes au Paloma des 20, 21 et 22 septembre car nous n’y étions tout simplement pas !

 Le premier bon point revient à la sonorisation des concerts. L'année dernière, Marsatac se déroulait à la friche Belle de Mai et l'acoustique de la grande salle et du cabaret aléatoire était un peu dure avec la reverb. Au dock des sud, même si le son était mieux, on préférait circuler à la friche pour son décor et ses allées plus grandes !

Bon ok ! On va arrêter de faire nos vieux relous de festivaliers, l'important étant de s'amuser car de ce côté là rien à redire ! Marsatac c'est aussi bien une machine de divertissement qu'une usine à niches musicales !

Et la première, même si on ne s'en fait pas souvent l'écho dans novorama est bien le hip hop avec une première soirée qui lui faisait honneur avec autant de puristes que d'alternatifs, comme le cabaret hip hop d'Epic Rain ou les agitateurs de A state of mind qui s'amusent clairement avec le public en jonglant habilement entre rap, funk et même reggae. D'ailleurs certainement le show le plus efficace de cette soirée est First Serve, le nouveau projet de deux membres de De la soul venu présenter ce soir là, leur concept album, une histoire de potes déchirés par le succès. El-P nous a également fait voir jeudi soir qu'il était en forme pour emmener le public dans une transe abondante avec son flow énergique et incisif. La déception de la soirée vient certainement de Doom qui, commençant avec plusieurs minutes de retard, nous a proposé un show flegmatique ! Trop minimaliste pour captiver l'attention des spectateurs ! L'artiste ne semble pas trop se prendre la tête avec la scène. Dommage car le bonhomme est un bon producteur en studio !

Le vendredi, inutile de vous dire qu'on a zappé les nouveaux amuseurs de la scène groove, hip hop français comme C2C ou Orelsan. Ce soir là il y avait Grems ! Malheureusement trop méconnu du grand public, ce parisien qui ne connait pas la frontière entre house et rap est un phénomène dans l'art de débiter du lyrics pour l'accomoder au plus prêt du dancefloor... Et pour danser ce soir-là, il y avait de quoi faire avec Foreign Beggars par exemple, invitant par la même occasion Grems sur scène. Et on verra Noisia faire la même chose avec Foreign Beggars dans un show apocalyptique entre dub step et électro-hip-hop. L'Ovni de la soirée restera Aucan. Leur rock expérimental et accidenté est un bon échappatoire à une soirée qui manquait peut-être un peu de diversité, malgré la très belle découverte de Mix Up Maroc, la création de Marsatac cette année, combinant l'électro rock de Nasser au rap du marrakchi Komy jusqu'à la tradition gnaouie portée par Hassan Boussou.

Samedi, restera pour nous la soirée la plus réussie avec une très belle première mise en matière par les toulonnais de Mina May qui nous ont clairement fait voler avec leur psyché rock. Erevan Tusk qui suivait sur la même scène avait l'air plutôt content de faire résonner sa pop efficace, taillée pour faire chavirer le cœur des plus sensibles !

Pendant ce temps-là, Kas Product qui jouait dans la première salle attirait une bonne bande de curieux comme nous, désireux de savoir comment pouvait sonner aujourd'hui, un duo français qui avait fait les belles heures de la cold wave et du post punk dans les années 80. Et bien pour tout vous dire on est plutôt contrasté, si Mona, la chanteuse est une excellente performeuse allant jusqu'à tirer dans la foule avec un faux flingue, on s'est un peu ennuyé avec les rythmes un peu trop répétitifs de la boîte de rythme !

Dans les shows attendus de cette soirée on ne pouvait pas passer à côté de la prestation de Baxter Dury. Manifestement l'artiste n'avait pas bu que de l'eau ce soir là... et ce n'était pas sans nous déplaire car sa pop, si elle n’est pas toujours évidente sur CD,  Baxter sait la faire vivre sur scène avec pas mal d'improvisation comme son petit freestyle surprise dédicacé à Marseille ! On a bien rigolé !

On a pas tout vu mais BRNS qui jouait pendant Baxter Dury, était aussi un des grands moments de cette soirée. Ces belges savent faire monter la pop dans des extrêmes en passant par une bonne dose de percussions ! Idéal pour rentrer dans la deuxième partie de la soirée plus électro qui commence avec Juveniles devenu, depuis les Transmusicales 2011, une valeur sûre de l'électro pop hexagonale. Sur la grande scène on entend James Murphy, préparer le terrain de ses potes 2 Many Djs avec une large sélection nu-disco.

L'ancien chanteur de LCD Soundsystem qui se produit maintenant exclusivement en dj rejoindra d'ailleurs ses 2 amis belges qui oublieront ce soir-là leurs tracks parfois putassiers pour un mix électro plus pointu. Sur la scène 2, Club Cheval s'amuse à triturer son électro dans tous les sens. C’est le délire, rien à redire ! Pour les puristes, il faudra voir du côté de la première scène avec 2 figures du label Border Community : son créateur James Holden et son poulain Nathan Fake. L'ambiance est bon enfant à l'image du public de Marsatac, décontracté et parfois rebelle (des spectateurs essayant de monter sur scène pendant le set de James holden) comme aime souvent le souligner le festival allant cette année jusqu'à créer son cocktail du rebelle... Du marketing ? Ce qui est sûr c'est que la musique ne triche pas à Marsatac et c'est pour ça qu'on note déjà dans nos agendas la prochaine édition qui se tiendra du 19 septembre au 6 octobre 2013 !