Tokorats.jpg

Après son premier album Twirligig sorti en 2011 qui l’a révélé comme alchimiste de hip hop instrumental et d’avant-pop psychédélique tout à la fois, puis l’année d’après la sortie de Sine & Moon, Jonti était un nom à retenir. Mais après ça il a en quelque sorte disparu des radars pendant quelques années

Et pourtant l’australien n’a pas chômé entre temps, il a longuement tourné en première partie de son compatriote Gotye, il a alors déménagé à Los angeles puis New York, pour finalement retourner vivre à Sydney et participer au groupe The Avalanches en tant que musicien de tournée, il alors travaillé avec des artistes comme Bad Bad Not Good ou King Krule. Et surtout il s’est appliqué à composer son nouvel album Tokorats dont je vous parle aujourd’hui et qui sort sur le respecté label Stones Throw, et ceci un peu comme une évidence, cquand on connaît la patte du label de Peanut Butter Wolf.

Le producteur germano-chilien Matias Aguayo nous revient avec un quatrième album et le premier à mettre en lumière son groupe The Desdemonas, avec le batteur italien Matteo Scrimali , le clavieriste Henning Specht et le guitariste et bassiste colombien Gregorio Gomez. Musicalement cependant, on ne s’éloigne pas trop de son précédent album The Visitor, qui avait déja davantage de spontanéité que la techno minimale de ses précédents travaux.

Cependant, à présent que le groupe est devenu plus stable et determiné , après avoir multiplié les invités passagers , la musique de cet album gagne significativement en unité et cohérence. Ensemble, ils explorent une forme de Post Punk et dance rock aux accents légèrement lugubre et gothiques. La voix sous reverb de Matias Aguayo rappelle un peu celle d’Alan Vega avec un soupçon du groupe The Residents, et improvise en anglais, espagnol et allemand pour refléter différents états de paranoïa et de fébrilité.

The-Ooz-kingkrule.jpg

Archy Marshall de son vrai nom et qui a commencé sa carrière sous le pseudonyme Zoo Kid quand justement il n’était encore qu’un “kid” mais très vite il s’est auto-proclamé King Krule pour son premier album juste avant ses vingt ans. Il a alors continué à travailler sur de nouveaux morceaux pendant plusieurs années mais sans en être totalement satisfait, à l’exception d’une poignée de morceaux de blues hip-hop qui a fait l’objet d’une sortie sous son vrai nom d’Archy Marshall en 2015.

Pour son véritable deuxième album The Ooz sorti ce mois-ci, le songwriting a encore évolué et s’est affiné mais subsiste ce sentiment de chaos maîtrisé, dans un mix disparate de fragments jazzy, ambiant, de hurlements plaintifs, et de morceaux loung subaquatiques. Un supplément d’âme est amené par le saxophoniste Ignacio Salvadores qui apporte ses propres lamentations, pour soutenir les riffs et arpèges de guitare clairsemés de King Krule et sa variété de façons de chanter ses textes.

Joli-Mai.jpg

On connaît Dan Snaith pour ses disques en tant que Caribou, son projet principal qui l’ont hissé au rang d’orfèvre et maitre de la musique électronique, mais ses travaux plus expérimentaux et orienté techno en tant que Daphni ne sont vraiment pas à laisser de côté. La genèse de son deuxième album intitulé Joli Mai est sans doute à trouver dans son mix Fabriclive sorti cet été. C’était un mix qui comportait quelques remixes d’autres artistes mais aussi des échantillons de morceaux originaux de son cru

Hélas jamais sorti dans leur entièreté à l’exception du morceau “Vikram” qui se retrouve sur ce nouvel album. Tout aussi dommage, les morceaux les plus prometteurs du mix Fabriclive sont absents de cette galette , alors que des morceaux comme “Try”, “Ten Thousand”, “Nocturne” ou le tube disco “vs” n’ont vraisemblablement pas été retenus pour cette sortie.

fourtet.jpg

Cela fait à peu près une décennie que Kieran Hebden s’est mis à explorer la culture clubbing plus avant, en tant que Four Tet mais aussi avec ses projets parallèles en tant que Percussions et KH, penchant vers la radio pirate et le Uk Garage avec des albums tels que Beautiful Rewind et ses collaborations sorties sous le manteau avec des producteurs comme Burial ou Terror Danjah. Mais avec son nouvel album New Energy qui sort cette semaine, il semble, de façon assez ironique avec un titre comme New Energy, revenir aux inclinaisons downtempo de ses premières productions qui l’ont fait connaître.

On a l’impression de revenir à l’époque de l’album Rounds de 2003. Ainsi, une fois une intro ambiant nommée “Alap” , le morceau Two Thousand and Seventeen” ouvre magnifiquement l’album avec ce qui semble être un dulcimer, soit cet instrument à cordes frappées au sonorités féeriques, soutenu par une basse élégiaque et des effets sonores atmosphériques.

Lindstrom - It's Alright Between Us As It Is.jpg

Hans-Peter Lindstom a tendance à changer de braquet selon qu’il publie un EP ou un album. Il est en effet connu pour sa space-disco chamarrée mais il a aussi exploré les territoires disco-pop sur l’album Real Life is No Cool aux côtés de Christabelle et des programmations plus barrées sur des albums comme Six Cups Of Rebel,

il aussi collaboré avec Todd Rundgren sur l’album Runddans et c'est dans la même lignée de ses prods les plus barrées
L’album It’s Alright Between Us As It Is sort donc cette semaine ou un an après Windings, un Ep de trois titres strictement dédié à la danse, et alors que le producteur norvégien s’était pourtant tourné vers des productions plus poppy ces dernières années, comme avec le single “Home Tonight” et la chanteuse Grace Hall et un remix du titre d’un projet solo de Frida, l’une des chanteuses d’Abba, “ I know There’s Something Going On’.

shigeto.jpg

Shigeto ou Zach Saginaw de son vrai nom a l’habitude de collaborer avec d’autres musiciens, que ce soit comme batteur de School of Seven Bells ou en contribuant aux machines sur l’album High Risk du trompettiste Dave Douglas mais ses travaux en tant que Shigeto ont toujours été relativement solitaire. Mais ça c’était avant ce nouvel album The New Monday, qui fait suite à l’album NoBetter Time Than Now de 2013. Après l’EP Intermission sorti en 2015, Zack Saginaw a lancé un label avec son frère, a enregistré un album avec un homie de Danny Brown, Zelooperz en tant que ZGTO et a lancé une résidence DJ avec son réseau musical de Detroit dans un bar à vin local.

Et ce sens de la communauté transpire de ce troisième album sorti sur le label Ghostly International, qui voit l’intervention de pas moins de 10 collaborateurs à la voix ou aux instruments pour ce qui est sans doute l’album le plus varié de sa discographie. Cette liberté de ton et de styles ne pose pourtant pas spécialement de problème de cohérence et d’unité car il m’a semblé que sa signature, même si moins agitée et insouciante , semble bien présente sur cette collection de morceau.

Vessels - Great Distraction.jpg

Depuis leur formation en 2005, on peut constater que le groupe Vessels a clairement évolué d’un post-rock surmonté de synthétiseurs à une musique électronique dansante et émotionnelle. Leur premier album Dilate était le mariage parfait de crescendos de guitares et de pulsations électroniques, et leurs singles et remixes qui ont suivi ont exploré plus avant leur penchant pour le dancefloor sans pour autant sacrifier l’énergie et leur science du songwriting rock. Mais à présent quand on se penche sur l’album The Great Distraction, on s’aperçoit que le braquet est à présent sur des titres euphoriques qui chatouillent les frontières de la tech-house ou de la house progressive, avec les guitares reléguées au second plan ou même carrément remisées. Le morceau d’ouverture par exemple “Mobilise” bénéficie de la présence de loops de guitares, mais à aucun moment ne survient de murs de guitares et de gros riffs comme le groupe nous en avait habitué sur leurs premières sorties.

En revanche on apprécie qu’une batterie complète la plupart du temps les sonorités de programmations rythmiques, avec l’utilisation d’un brassage de cymbales qui emmènent la cadence tout au long de l’album. A l’instar d’un Jon Hopkins ou d’un Max Cooper, le groupe exploite les tonalités de basses synthétiques très enveloppantes et des arrangements riches et épiques, qui gardent du post rock le côté progressif vers des cimes extatiques.

Quelques voix font leur apparition ici et là en forme de samples et de collages , mis en exergue le plus efficacement sur le titre “Radiart” d’ailleurs. Mais quelques titres laissent la place à des chanteurs de façon plus “traditionnelle” on va dire, comme Wayne Coyne des Flaming Lips qui nous rappelle une leçon apprise enfant sur la mortalité des créatures du vivant sur le morceau le plus sucré de l’album “Deflect The Light”. Mais la plus surprenante des participation vocales reste celle de Katie Harkin de Sky Larkin sur le morceau “Deeper in The Sky”, et ses qualités d'électro-pop venue des étoiles.

John Grant ainsi que le chanteur de Django Django Vincent Neff prêtent aussi leur voix sur d’autre morceaux plus orientés pop. The Great Distraction nous offre donc autant de morceaux de danse électronique profonde que d’electro-pop racée dans un album qui réussit son pari de nous transporter vers les cîmes où la lumière ne saurait briller autant que grâce au contraste avec les fondations sombres et chaleureuses des basses synthétiques.

https://vesselsband.bandcamp.com/album/the-great-distraction

PODCAST

 

Agenda

23 novembre – 26 novembre 2017

24 novembre – 25 novembre 2017

25 novembre – 26 novembre 2017
Le Hasard Ludique

25 novembre – 26 novembre 2017
Le Trianon

09 décembre 2017
Le Hasard Ludique

26 décembre 2017
Casino de Paris

BOOKING

 

Aller au haut