| Mr Grandin - Mister Dressmaking and the patchwork mind |
| Écrit par Charles | |
Autant annoncer directement la couleur, sans détournement, cet artiste est l'un des plus gros coups de coeur de cette rentrée musicale. Le travail livré ici a une identité toute particulière, la recherche d'une âme musicale, posant une foutue empreinte dans ce monde sonore parfois en manque de personnalité et d'inspiration.
Nous avons eu la chance de rencontrer ce fameux Mr. Grandin, dans un café de la ville rose, le jour de la sortie de l'album. Ayant démarré par des lives techno sous le nom de Konoko pendant quinze années, il change ensuite d'orientation pour se tourner vers la nouvelle scène hip-hop. Chemin faisant, il varie alors ses écoutes (trip-hop, jazz, salsa,...) et essaye de reproduire le son de labels comme Ninja Tune ou Warp.
A partir de 1999, le bonhomme, en groupe et en solo, fait les premières parties de têtes d'affiche tel qu'Amon Tobin, Néotropic, Jagga Jazzist, Pest, Sayag Jazz Machine et d'autres... mais le côté industriel de ce monde-là (démos et dates à la pelle) le gave et il décide de faire de la musique par ses propres moyens. En 2007, il découvre le côté subculture de la production musicale, fait de labels indépendants, de réseaux d'entraide et d'autofinancement. Cette éxpérience lui permet d'ailleurs de rencontrer ceux qui participeront à son album (Ghostown, Screenatorium).
Armé de synthétiseurs analogiques, c'est en 2009 que Mr Grandin décide de créer, à raison de deux heures par jour, des morceaux retravaillés sans cesse, sans style bien défini. Lorsqu'il tombe sur une toile de son amie Julie Hourlier (pochette de l'album), le projet prend alors une identité propre, celle de Mister Dressmaking and the patchwork mind.
Un an et demi plus tard, l'album sort sur le tout jeune label WAF
Records au prix de cinq euros. "Ce Mr Dressmaking, c'est un peu moi et
je voulais que chaque morceau soit une humeur" nous avoue Mr Grandin.
Voyons voir ce qu'il en est.
L'intro fait place à la "voix off" de l'album, celle de l'écrivain
australien Nathan Gross, le Mr Loyal et fil directeur de Mr Dressmaking.
Une ambiance obscure et chaude à la fois amenée avec classe, que l'on
retrouve dans les interludes.
Pour Lundum bi, l'artiste a fait appel au chanteur sénégalais Pape
Amath N'diaye et son dialecte buru, la prise de son s'est faite en une
fois, le résultat : un morceau intemporel et mystique.
The Blackout, c'est le flow délirant de Ray Valentine,
chercheur en groove et ami d'enfance de Grandin, qui nous raconte une
nuit de beuverie. Les sons du synthé mettent l'ivresse en exergue.
Pareil pour Tais toi (feat. Nathan Gross) où Mr Dressmaking envoie
subjectivement chier tout le monde, dans le métro. A la lisière entre le breakbeat, le trip hop et l'ambient, Mr Grandin nous livre une pièce constitué de main de maître, une création qui vient se situer aux côtés (voir plus haut) d'un Doctor Flake ou Wax Taylor à leurs débuts. Une claque sonore qu'on prend en pleine tronche, un album unique et indispensable, qui transpire l'humanité.
Site Web : www.monsieurgrandin.com Label : WAF Records
Tracklisting de Mister Dressmaking and the patchwork mind
1. Intro
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Autant annoncer directement la couleur, sans détournement, cet artiste est l'un des plus gros coups de coeur de cette rentrée musicale. Le travail livré ici a une identité toute particulière, la recherche d'une âme musicale, posant une foutue empreinte dans ce monde sonore parfois en manque de personnalité et d'inspiration.


Commentaires
Juste pour vous offrir un morceau en téléchargement gratuit tous frais tout beau:
http://soundcloud.com/mr-grandin/price-of-sanity-monsieur
à Bientôt
Mr Grandin!
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